Qu’ils soient indépendants ou soutenus par leur gouvernement, il existe des centaines de journaux arabes dans le monde, ce qui rend le choix des lecteurs de plus en plus difficile. Nous avons donc dressé une liste des journaux en langue arabe les plus influents.

Afin d’attribuer une note générale à chaque journal, notre méthodologie prend en compte aussi bien les données quantitatives (en mesurant la portée et l’impact du journal) que les données qualitatives. Elle prend en considération l’empreinte laissée par la publication et mesure son influence. Les recherches en ligne mènent plus souvent à des journaux bien classés en raison de la quantité de pages sur leur site et des nombreux liens redirigeant vers ces pages de façon.

Notre liste détaille également l’affiliation politique du journal et mentionne ses propriétaires. Il est important de garder à l’esprit que cette liste ne constitue en aucun cas un soutien au journal ou à une position politique. Nous visons plutôt à proposer un indice transparent de l’influence de chaque journal. Il est essentiel d’être en possession de ces faits pour bien saisir le ton des médias.

Nous révisons cette liste deux fois par an. Pour toute remarque sur la méthode de classement, veuillez nous contacter ici.

Si vous souhaitez lire l’édition 2018 de cette liste, cliquez ici pour télécharger le PDF.

Analyse du classement 2020


Tout comme dans notre dernière liste, trois des journaux arabes les plus célèbres dans la région sont classés dans le top 10 (Al-Ahram en dixième position, et An-Nahar et Al-Quds Al-Arabi à égalité en septième position). Cela est bien sûr dû à la notoriété des deux premiers parmi les médias arabes, et aux entretiens et articles d’influence publiés par Al-Quds Al-Arabi au début des années 2000. Youm7 reste à la seconde place. Le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye) est, comme l’an dernier, sous-représenté dans notre liste. Le Levant et les régions du Golfe semblent toujours dominer la transmission de l’information et le marché des médias de langue arabe.

Ad-Dustour, journal jordanien, est cette année en tête de notre classement, détrônant Al Ghad, premier journal de la liste de 2018 et absent de celle de cette année. Ce recul peut s’expliquer par la liberté de la presse (ou plutôt son absence) dans la plus grande partie de la région ANMO, en particulier en Jordanie. Selon Reporters sans frontières, le gouvernement impose systématiquement l’obligation de silence à certaines sociétés dont la couverture médiatique est indésirable. Le gouvernement jordanien a également fait passer une loi contre le cybercrime en 2015, imposant des peines de prison aux cyberjournalistes publiant sur les réseaux sociaux des contenus allant à l’encontre du statu quo. C’est ainsi que des journaux tels qu’Ad-Dustour et Al Ra’i (cinquième position), tous deux favorables au gouvernement, peuvent plus facilement promouvoir leur contenu en ligne sans crainte d’un retour de manivelle.

Bien que nombre de ces journaux jouissent d’une affiliation semi-officielle avec leur gouvernement ou soient biaisés en leur faveur, l’un des journaux gouvernementaux a réussi à atteindre le top 10 de notre liste. En tant que média semi-officiel du Conseil de la Choura égyptien, Akhbar el-Yom/Al Akhbar (huitième position) bénéficie d’une position privilégiée au sein du paysage médiatique du pays. Ces dernières années, l’Égypte a écopé d’une mauvaise réputation en matière de liberté de la presse. Beaucoup de journaux plus petits, indépendants ou d’opposition ont témoigné de représailles, allant des descentes de police aux arrestations, en passant par les fermetures de force. Dans un tel contexte, il est aisé de comprendre comment Al Akhbar est parvenu à se hisser en tête de notre classement et comment Youm7 a pu conserver une telle influence. L’indépendant Youm7, bien que parfois critique, semble actuellement trop important pour pouvoir être réprimé. Ce statut d’invulnérabilité est pour Youm7 aussi précieux qu’il est indispensable pour les autres journaux de s’aligner sur le parti politique.

Deux journaux qataris majeurs sont également apparus sur notre liste : Al-Watan, en quatrième position et Al Sharq, en sixième. Les deux ont gagné un nombre considérable de places par rapport au classement de 2018. Il peut sembler étrange que ces deux journaux soient si bien classés alors qu’ils sont publiés dans un pays du Golfe de si petite taille, étant donné la crise diplomatique actuelle parmi le Conseil de coopération du Golfe (CCG) en raison du soutien que le Qatar apporte aux Frères musulmans. Cependant, c’est au Qatar que se trouve le réseau d’information d’Al-Jazeera, d’où l’importance du pays dans le paysage médiatique du monde arabe. De plus, les Frères musulmans peuvent compter sur les médias de Doha pour soutenir leurs positions. Cela peut expliquer la montée au classement de ces deux journaux.

Surprise de cette année : la présence de deux journaux de langue anglaise dans le classement, à savoir le Daily Star, en troisième position, et Times of Oman, en neuvième position. L’anglais étant l’une des langues les plus employées au monde, il n’est pas étonnant de trouver des journaux de langue anglaise en ANMO. Cela étant, il est remarquable que deux d’entre eux aient dépassé tant de journaux de langue arabe. Cela est d’autant plus exceptionnel qu’ils sont tous deux publiés dans deux des plus petits pays de la région : le Liban (Daily Star) et Oman (Times of Oman). Toutefois, étant donné les événements actuels et les tendances démographiques, leur présence n’est finalement pas si étrange.

En ce qui concerne le Daily Star, leur classement s’explique par la récente série de manifestations qui a ébranlé le Liban fin 2019. Les manifestations populaires à l’encontre du système politique et confessionnel du gouvernement libanais ont abouti à la démission du Premier ministre Saad Hariri et à des appels à la rédaction d’une nouvelle constitution. Le monde tournant actuellement son attention sur ces événements, nombreux sont ceux qui cherchent les informations les plus récentes dans une langue qu’ils comprennent (généralement l’anglais). De plus, le Daily Star appartient presque entièrement à la famille de l’ancien Premier ministre, ce qui a certainement contribué à la forte influence du journal sur internet. Il faut également prendre en compte le grand nombre de Libanais expatriés et de personnes d’origine libanaise vivant à l’étranger qui se tiennent au courant des nouvelles du pays, ce qui a aussi largement aidé le Daily Star à développer son influence.
Le décès du Sultan Qaboos ayant eu lieu après notre analyse de 2020, il est probable que l’influence du Times of Oman soit davantage liée à la démographie qu’aux événements en cours. Selon les dernières statistiques, environ 2 millions de résidents omanais sont des expatriés, la plupart venant du sous-continent indien. L’une des forces du Times of Oman est de couvrir l’actualité et les tendances les plus récentes à la fois dans le Golfe et dans le sous-continent indien. Le nombre de lecteurs anglophones du journal augmente non seulement en Oman, parmi les expatriés souhaitant se tenir au courant des nouvelles dans leur propre pays, mais également au-delà de l’océan indien, en Inde, au Bangladesh, ou encore au Pakistan.

Nous avons constaté que le facteur déterminant dans notre classement est lié aussi bien à l’orientation politique qu’à la démographie. Les pays les plus petits et les plus marginalisés sont bien représentés dans le classement. Cela est dû aux événements récents qui les ont placés sous les projecteurs au niveau international, mais également à un lectorat transnational lié aux nombreuses diasporas dans le monde. Il semble également que les journaux progouvernementaux atteignent plus facilement le public visé, puisqu’ils peuvent travailler sans subir trop d’interférences de la part du gouvernement. Par ailleurs, certains biais politiques peuvent attirer les lecteurs d’autres régions où ces points de vue ne sont pas les bienvenus, comme c’est le cas pour les Frères musulmans en Égypte.

Liste : les journaux arabes les plus influents de l’année 2020

 

1. Ad-Dustour (الدستور)
Note générale d’influence : 85
Pays : Jordanie
Langue : arabe
Création : 1967
Propriétaire(s) : Jordan Press and Publishing Company/appartient en partie au gouvernement
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://www.addustour.com/

Ce célèbre quotidien a été créé après que deux journaux palestiniens ont uni leurs forces en exil puis se sont installés en Jordanie à la suite de la guerre des Six Jours de 1967. Il est resté indépendant jusqu’en 1986, lorsque le gouvernement est devenu l’un des actionnaires du journal. Il est également le premier journal du Moyen-Orient à s’être établi en ligne, en 1998.

Le gouvernement en étant partiellement propriétaire, Ad-Dustour propose évidemment un contenu progouvernemental. Selon AKEED, outil de surveillance de la crédibilité des médias jordaniens, le journal a régulièrement eu un biais anti-islamiste et Frères musulmans durant la couverture des dernières élections. Cependant, étant donné sa large distribution et son lectorat en ligne, il n’est guère surprenant que le quotidien soit en tête de classement.

 

2. Youm7 (اليوم السابع)
Note générale d’influence : 80
Pays : Égypte
Langue : arabe
Création : 2008
Propriétaire(s) : Egyptian Journalism, Publishing and Advertisement
Orientation politique : réformiste/libéral
Site web : https://www.youm7.com/

Youm7, qui a conservé son classement de l’an dernier, est l’un des sites web les plus populaires en Égypte, en particulier auprès des jeunes diplômés du supérieur. Selon leur propre site, il s’agit du journal égyptien le plus visité en ligne en Égypte. Alexa Internet, moteur de recherche indépendant, affirme que Youm7 est le sixième site le plus visité du pays. Forbes Middle East l’a par deux fois nommé « site d’information le plus efficace du Moyen-Orient ».

Le journal a critiqué les Frères musulmans et le Parti Liberté et Justice. Cette position a scandalisé et certains ont appelé au boycott lors de la révolution égyptienne de 2011. En soi, le journal n’est pas officiellement affilié à un parti ou à une idéologie. Selon le journal, les priorités de Youm7 sont de « produire des informations et des nouvelles totalement crédibles, des analyses approfondies et des données transparentes ».

 

3. The Daily Star
Note générale d’influence : 83
Pays : Liban
Langue : anglais
Création : 1952
Propriétaire(s) : Famille Hariri
Orientation politique : indépendant/neutre
Site web : http://www.dailystar.com.lb/

À ses débuts, le Daily Star était un quotidien visant l’afflux d’Occidentaux anglophones attirés par le boom pétrolier de la région. Le journal est devenu l’un des leaders de la publication anglophone au Liban, avant de se propager dans l’ensemble du Moyen-Orient et de la région du Golfe. Cette expansion est due en partie à la diaspora libanaise causée par 15 ans de guerre civile au Liban à partir de 1975. À cette époque, le Daily Star a par deux fois mis un terme à ses activités, ne reprenant les publications quotidiennes qu’en 1996.

Malgré sa résilience, en 2009, le journal a également été confronté à de considérables difficultés financières, qui ont de nouveau interrompu ses activités. Cependant, en 2010, la famille Hariri a décidé de s’impliquer en devenant le principal actionnaire du journal. Largement indépendant pendant la majeure partie de son existence, le Daily Star avait maintenu une position et un biais plus modéré que les autres journaux. Toutefois, beaucoup ont remarqué que le journal s’abstenait de toute critique à l’égard du gouvernement de Saad Hariri lors des manifestations qui ont débuté fin 2019 et sont toujours en cours.

 

4. Al-Watan (الوطن)
Note générale d’influence : 79
Pays : Qatar
Langue : arabe
Création : 1995
Propriétaire(s) : Dar Al-Watan Printing, Publishing, and Distribution/Hamad bin Jassim Al Thani
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://www.al-watan.com/

Al-Watan, l’un des trois journaux qataris les plus importants, fut le premier créé après que le gouvernement a supprimé la loi de censure en 1995. Son entrée sur la scène médiatique qatarie a attiré un lectorat non négligeable parmi les lecteurs des deux autres journaux du pays, affectant particulièrement Al Raya. Sa popularité s’est répandue grâce au lancement de sa nouvelle application mobile, Al-Watan Bonus, fin 2013.

Al-Watan appartient à Hamad bin Jassim Al Thani, ancien ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre, ainsi qu’à Dar Al-Watan, qui en est également distributeur. Al Thani est connu pour investir largement dans les tabloïdes et les journaux, non seulement au Qatar, mais aussi en Angleterre. En réalité, bien qu’étant partiellement privé, Al-Watan est ouvertement progouvernemental.

 

5. Al Ra’i (الرأي)
Note générale d’influence : 75
Pays : Jordanie
Langue : arabe
Création : 1971
Propriétaire(s) : Jordan Press Foundation
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://alrai.com/

Avec près de 100 000 exemplaires en circulation par jour, Al Ra’i est l’un des journaux les plus répandus du pays. Conservant son classement de l’an dernier, le journal couvre les problèmes locaux et régionaux, les œuvres culturelles et les sujets politiques. Il en existe également une version papier en anglais, le Jordan Times.

Al Ra’i a été créé par la Jordan Press Foundation, une société gouvernementale. Il s’agit d’un des journaux officiels jordaniens. Il publie le point de vue du gouvernement jordanien sur différents sujets. De plus, tous les rédacteurs en chef sont nommés par le gouvernement.

 

6. Al Sharq (الشرق)
Note générale d’influence : 74
Pays : Qatar
Langue : arabe
Création : 1987
Propriétaire(s) : Dar Al Sharq (appartenant au Cheikh Khalid bin Thani Al Thani)
Orientation politique : progouvernemental
Site web : https://www.al-sharq.com/

Deuxième journal le plus important du Qatar parmi les trois principaux mentionnés dans notre liste, Al Sharq est aussi le deuxième plus ancien du lot. À l’instar de ses rivaux en version papier, Al Sharq met l’accent sur les affaires officielles de la famille Al-Thani au pouvoir, ainsi que sur les affaires régionales et internationales. Cela est peut-être dû au fait que Cheikh Khalid bin Thani Al Thani, membre de la famille royale, possède la compagnie qui publie le journal.

En adéquation avec la tendance des journaux qataris, Al Sharq est progouvernemental. Cependant, sa couverture des Frères musulmans est légèrement différente de celle de ses rivaux. Il est de notoriété publique que le soutien que le Qatar accorde au mouvement de réforme islamique est source de conflit entre le pays et ses voisins du CCG. Contre toute attente, Al Sharq publie des articles soutenant le coup d’État mené par Al-Sissi en Égypte en 2013, alors que cela va à l’encontre du biais pro-Frères musulmans que l’on trouve habituellement dans les autres journaux qataris.

 

7. (égalité) Al-Quds Al-Arabi (القدس العربي)
Note générale d’influence : 68
Pays : Grande-Bretagne
Langue : arabe
Création : 1989
Propriétaire(s) : Al-Quds Al-Arabi Publishing and Advertising (Overseas) Ltd
Orientation politique : panarabe/populiste
Site web : http://www.alquds.co.uk/

Al-Quds Al-Arabi, qui est monté au classement cette année, est également un journal londonien populaire auprès des expatriés. Fondé par des exilés palestiniens, le journal est ouvertement populiste dans sa couverture des affaires panarabes, n’hésitant pas à critiquer les politiques occidentales et israéliennes.

Le journal est fier de son indépendance. Son rédacteur en chef, Abdel Bari Atwan, a gagné en notoriété pour avoir interviewé Oussama Ben Laden. Al-Quds Al-Arabi a été le premier journal à publier ses fatwas, bien qu’ils désapprouvent Al-Qaeda et leurs méthodes. Beaucoup reprochent au journal sa position trop anti-impérialiste (souvent à l’encontre d’Israël) par rapport à d’autres sites.

 

7. (égalité) An-Nahar (النهار)
Note générale d’influence : 68
Pays : Liban
Langue : arabe
Création : 1933
Propriétaire(s) : privé
Orientation politique : pluraliste/centre gauche
Site web : https://www.annahar.com/

An-Nahar est descendu au classement par rapport à l’an dernier, ce qui ne l’empêche pas de rester l’un des cinq journaux les plus populaires à Beyrouth, selon Ipsos Stat. La très influente famille Tueni, fondatrice du journal, l’a dirigé au fil des décennies. Ce dernier a également employé des auteurs et personnalités politiques très célèbres au Liban, tels qu’Elias Khoury, Samir Kassir ou encore Walid Jumblatt.

Nombreux sont ceux qui considèrent le journal comme une plateforme permettant à toutes les voix du spectre politique libanais de s’exprimer. Cependant, An-Nahar entretient un biais libéral et anti-syrien, à l’instar de l’Alliance du 14 mars. C’est pourquoi la publication a été interdite à plusieurs reprises, et les forces syriennes ont occupé les locaux du journal. Bien qu’il s’agisse d’un journal privé, le Prince Al-Walid bin Talal, magnat saoudien des médias, en détient également une large part.

 

8. Akhbar el-Yom (أخبار اليوم)/Al Akhbar (الأخبار)
Note générale d’influence : 67
Pays : Égypte
Langue : arabe
Création : 1944
Propriétaire(s) : Conseil de la Choura/journal semi-officiel
Orientation politique : progouvernemental
Site web : https://akhbarelyom.com/

Le quotidien Al Akhbar, pour lequel les légendaires romanciers égyptiens Gamal El-Ghitani et Anis Mansour écrivaient régulièrement, ainsi que son équivalent hebdomadaire Akhbar el-Yom, sont le deuxième journal le plus imprimé d’Égypte après Al Ahram. Le journal appartient au Conseil de la Choura (équivalent égyptien du sénat) et se montre généralement progouvernemental. Malgré son statut semi-officiel, rédacteurs et reporters ont déjà été licenciés pour avoir publié des articles critiques, en particulier sous l’éphémère régime Morsi.

Sous Al-Sissi, le journal a pu éviter la répression subie par d’autres journaux égyptiens indépendants ces dernières années. Le régime actuel a pris pour habitude de réduire au silence les médias de l’opposition, quels qu’ils soient, envoyant les journalistes derrière les barreaux en leur confisquant au passage leur journal. Selon Reporters sans frontières, lorsque le gouvernement confisque un journal, comme Al Mesryoon ou encore Daily News Egypt, Akhbar el-Yom est généralement chargé de le diriger et d’en modifier la ligne éditoriale. Cela explique pourquoi Al Akhbar est mieux classé sur notre liste qu’Al Ahram, journal plus ancien et plus renommé.

 

9. Times of Oman
Note générale d’influence : 66
Pays : Oman
Langue : anglais
Création : 1975
Propriétaire(s) : Muscat Media Group
Orientation politique : indépendant
Site web : http://timesofoman.com/

Le Times of Oman est l’un des plus anciens journaux en langue anglaise du pays. Il jouit d’un large lectorat en Oman et à l’étranger. À l’instar d’autres journaux tels qu’Ad-Dustour, le Times a créé une version numérique du journal début 1998. Sa présence sur le web et son lectorat sont significatifs : selon les estimations du journal lui-même, plus de 2 millions de visiteurs se rendent sur le site chaque mois.

Tout comme d’autres médias de langue anglaise, le Times of Oman visait à l’origine les expatriés venus de l’Occident pour travailler dans l’industrie pétrolière du Golfe. Cependant, en raison de la diaspora indienne en Oman et plus généralement dans le Golfe, le journal a modifié sa cible pour s’adapter à ce marché en pleine croissance. C’est ainsi qu’il publie des articles sur les événements actuels dans le sous-continent indien, de même que sur la culture populaire indienne.

 

10. Al-Ahram (الأهرام)
Note générale d’influence : 63
Pays : Égypte
Langue : arabe
Création : 1875
Propriétaire(s) : Al-Ahram Publishing House
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://www.ahram.org.eg/

Naguib Mahfouz, Edward Said ou encore Taha Hussein, grands écrivains égyptiens, ont tous trois été publiés dans Al-Ahram, véritable institution dans le monde des médias égyptiens. Il s’agit également du deuxième journal le plus ancien du pays. En 2011, Forbes Middle East l’a nommé portail d’information le plus populaire, et vingtième site le plus visité de la région ANMO un an plus tôt. Avec un pic de distribution journalière de 1,2 million d’exemplaires en 2000, le journal détient une importante influence, en ligne comme en version papier.

À sa création, le journal est indépendant, mais il est plus tard nationalisé par le président Gamal Abdel Nasser. Il appartient à présent au gouvernement égyptien, via Al-Ahram Publishing House. C’est pourquoi le journal tend à soutenir le régime égyptien en place. Bien que le journal soit descendu dans notre classement, il n’en demeure pas moins l’un des journaux les plus respectés du monde arabe, en tant que source d’informations professionnelle et fiable.

Rangs 11 à 20

 

11. Al-Araby Al-Jadeed (العربي الجديد)
Note générale d’influence : 62
Pays : Qatar
Langue : arabe
Création : 2014
Propriétaire(s) : Fadaat Media Ltd.
Orientation politique : panarabe/anti-Frères musulmans
Site web : https://www.alaraby.co.uk/portal

 

12. Gulf Times
Note générale d’influence : 62
Pays : Qatar
Langue : anglais
Création : 1978
Propriétaire(s) : Gulf Publishing and Printing Company
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://www.gulf-times.com/

 

13. The National
Note générale d’influence : 61
Pays : Émirats arabes unis
Langue : anglais
Création : 2008
Propriétaire(s) : International Media Investments
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://www.gulf-times.com/

 

14. Asharq Al-Awsat
Note générale d’influence : 61
Pays : Grande-Bretagne
Langue : arabe et anglais
Création :
Propriétaire(s) : famille royale saoudienne
Orientation politique : pro-gouvernement saoudien
Site web : https://aawsat.com/

 

15. Al-Anba (الأنباء)
Note générale d’influence : 59
Pays : Koweït
Langue : arabe
Création : 1976
Propriétaire(s) : Bab Al-Kuwait Press Co.
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://www.alanba.com.kw/

 

16. Okaz (عكاظ)
Note générale d’influence : 59
Pays : Arabie saoudite
Langue : arabe
Création : 1960
Propriétaire(s) : Okaz Organization for Press and Publication
Orientation politique : libéral/en liens étroits avec le Prince Nayef
Site web : https://www.okaz.com.sa/

 

17. Al Riyadh (الرياض)
Note générale d’influence : 58
Pays : Arabie saoudite
Langue : arabe
Création : 1965
Propriétaire(s) : Al Yamamah Press Establishment
Orientation politique : progouvernemental
Site web : http://www.alriyadh.com/

 

18. El Fagr (الفجر)
Note générale d’influence : 58
Pays : Égypte
Langue : arabe
Création : 2005
Propriétaire(s) : Al-Fagr for Printing and Publishing Inc.
Orientation politique : sensationnaliste
Site web : http://www.elfagr.com/

 

19. Al-Masry Al-Youm (المصري اليوم)
Note générale d’influence : 58
Pays : Égypte
Langue : arabe
Création : 2004
Propriétaire(s) : Al-Masry Al-Youm for Journalism and Publication
Orientation politique : indépendant/réformiste/libéral
Site web : http://www.almasryalyoum.com/

 

20. Ad-Dustour (الدستور)
Note générale d’influence : 58
Pays : Égypte
Langue : arabe
Création : 1995
Propriétaire(s) : Privé/Essam Fahmy Ismail
Orientation politique : opposition/pro-Frères musulmans
Site web : http://www.addustour.com/